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Leila Slimani, discrète ambassadrice de la francophonie

Leila Slimani

Pour faire la promotion de la langue française en Tunisie ce jeudi, Emmanuel Macron était accompagné du Prix Goncourt Leïla Slimani, représentante française sur le sujet.

Une silhouette gracile s’installe dans les tribunes qui surplombent l’hémicycle de l’Assemblée de Tunis. Emmanuel Macron s’apprête à prononcer un discours devant les élus de cette jeune démocratie, point d’orgue de sa première visite d’État en Tunisie. Dans les travées, aux côtés des pointures de la diplomatie tricolore, l’écrivaine Leïla Slimani attend patiemment.

Lauréate du prestigieux prix Goncourt (« Chanson douce », éd. Gallimard), il y a un an, la Franco-Marocaine se définit comme une sorte « d’ambassadrice de la langue française ». Une mission endossée il y a trois mois, lorsqu’elle a été nommée représentante personnelle du chef de l’Etat pour la francophonie. Et qu’elle mène tambour battant là où l’Elysée considère que la bataille pour la promotion de la langue de Molière mérite d’être menée.

Un front linguistique contre l’anglais

Bientôt à Taïwan, en Inde il y a quelques jours, au Liban, seule, ou encore dans le sillage du président, comme lors de sa tournée africaine, fin novembre. En Tunisie aussi, où Emmanuel Macron a inauguré ce jeudi matin une Alliance française, dans un quartier huppé de la capitale.

Une sorte de front linguistique s’est ouvert contre la toute-puissance de l’anglais. D’ici à la fin de l’année, cinq de ces établissements seront ouverts dans d’autres villes tunisiennes, après 60 ans d’absence dans ce pays où le nombre de locuteurs francophones diminue au fil du temps.

Et c’est Leïla Slimani qui entonne la douce chanson de l’importance du « parler français ». « Les dirigeants tunisiens se sont rendu compte que le bilinguisme était une immense chance dans un monde médiatisé. Comme le disait Kateb Yacine (NDLR : intellectuel algérien), même si la langue française est liée à la colonisation, elle est un butin de guerre. Et à la fin d’une guerre, on ne rend pas le butin », explique celle qui fait désormais office de « ministre » informelle de la francophonie dans un gouvernement où aucun membre n’est chargé de ce portefeuille.

Le français, «la langue de l’amour»

Leïla Slimani n’a ni ministère, ni bureau à l’Elysée. « Elle ne porte pas les politiques publiques mais a un rôle de représentation », précise un collaborateur du président. Elle prêche -bénévolement- lors de conférences, de rencontres avec des éditeurs, des enseignants, dans des bibliothèques.

« On dit beaucoup que le français c’est la langue de l’amour. Pourquoi ne pas jouer cette carte à fond ?, interroge-t-elle. Que l’on se dise l’anglais, j’en ai besoin. Le français, j’en ai envie. Le français est une langue du désir. » Qu’elle manie avec plaisir ou malice, comme lorsqu’elle imite l’accent de son grand-père algérien. Un idiome qu’elle continue d’écrire, « tout le temps », même si elle n’a pas (encore) entrepris la rédaction d’un nouveau roman. « Pour ça il faut une bulle, et là, j’ai un agenda vraiment trop serré », sourit-elle.

Source : leparisien

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